Le deuil : continuer à vivre sans renoncer à aimer
- Isabelle Bidaut
- 25 juil.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 28 juil.

La perte d'un être cher est l'une des expériences les plus bouleversantes de l'existence. Elle vient ébranler nos repères, notre rapport au temps, au monde et parfois même le sens que nous donnons à notre vie.
Le deuil ne se résume pas à la tristesse. Il peut prendre des formes très diverses : un profond sentiment de vide, de la colère, de la culpabilité, un soulagement difficile à reconnaître, une impression d'irréalité ou encore la sensation que le temps s'est arrêté. Certaines personnes pleurent beaucoup, d'autres ne pleurent pas.
toutes ces réactions peuvent faire partie de l'expérience du deuil.
Il n'existe pas de "bonne manière" de vivre un deuil.
Notre société laisse parfois entendre qu'il faudrait traverser des étapes, "faire son deuil", puis reprendre le cours de sa vie.
Pourtant, l'expérience clinique montre que chaque deuil est unique, parce que chaque lien est unique.
En psychanalyse, nous ne cherchons pas à effacer la douleur ni à accélérer le processus. Nous nous intéressons à ce que cette perte vient réveiller dans l'histoire de chacun.
La disparition d'un proche ne nous confronte pas seulement à son absence. Elle peut réactiver d'anciennes blessures, des séparations inachevées, des paroles jamais dites, des conflits restés sans réponse ou encore des culpabilités silencieuses.
Parfois, c'est toute notre identité qui vacille : "Qui suis-je désormais sans cette personne "?
La parole permet peu à peu de remettre du mouvement là où tout semblait figé.
Elle offre un espace où la souffrance peut être accueillie sans être jugée, où les émotions contradictoires trouvent leur place et où les chacun peut découvrir son propre chemin.
Le "travail" du deuil ne consiste pas à oublier celui ou celle qui est parti. Oublier n'est ni possible ni souhaitable.
Il s'agit plutôt de transformer la relation à l'absence.
Progressivement, ce qui n'était qu'une douleur peut devenir une présence intérieure différente.
Le lien ne disparaît pas ; il se transforme.
Cette transformation ne signifie pas renoncer à aimer. Au contraire, elle permet parfois de continuer à vivre tout en restant fidèle à ce qui a été partagé.
Le deuil nous confronte aussi à notre propre finitude. Cette épreuve, aussi douloureuse soit-elle, peut ouvrir des questions essentielles : qu'est-ce qui compte réellement pour moi ?
Comment ai-je envie de vivre ? Quels liens ai-je envie de nourrir tant qu'il en est encore temps ?
Ces questions n'effacent pas la souffrance. Mais elles peuvent lui donner un horizon.
En consultation, je vous propose un espace où cette traversée peut se vivre à votre rythme, sans injonction à aller mieux, sans calendrier à respecter, avec l'attention portée à ce que votre histoire singulière cherche à exprimer.
Isabelle Bidaut - Psychanalyste - Accompagnante de transition de vie - Expatriation - Auxerre 89



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