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L’histoire de Claire, femme de fonctionnaire et mère expatriée

Claire n’avait pas choisi l’expatriation .Elle l’avait accompagnée. Quand son mari, fonctionnaire, reçut sa nouvelle affectation, elle calcula rapidement :les écoles, le logement, les vaccins, les papiers. Elle ne calcula pas ce que cela lui coûterait intérieurement.

Dans le nouveau pays, Claire devint “la femme de”. Et surtout “la mère de”. Celle qui organise, qui rassure, qui traduit, qui anticipe.

Ses propres repères restèrent en suspens, comme un dossier jamais classé. Les premiers mois furent remplis de silences. Silence de la langue qu’elle ne maîtrisait pas encore. Silence de ses compétences professionnelles mises en pause. Silence de ses amitiés laissées derrière. Elle se surprit parfois à pleurer sans raison apparente, au milieu du supermarché, devant des produits qu’elle ne reconnaissait pas.

Elle se demanda alors où elle était passée, elle. Ce fut dans une salle d’attente d’école qu’elle retrouva quelque chose. Une autre mère, expatriée elle aussi, lui parla de ce vide étrange :celui de porter tout le monde sans savoir où se poser soi-même. Claire comprit qu’elle n’était pas faible. Elle était en adaptation.

Elle se mit à écrire. Quelques lignes par jour. Pour se rappeler qu’elle existait au-delà de la logistique et du sacrifice invisible.

Avec le temps, elle recréa un équilibre fragile mais vivant : des habitudes nouvelles, un cercle d’amies, une place qui n’était pas prévue mais qui était la sienne.

Un jour, son enfant lui demanda :

Et toi maman, c’est où chez toi ? Claire sourit doucement.

C’est là où je me sens vivante… même quand j’ai dû apprendre à respirer autrement.

Et elle sut alors que cette expatriation n’avait pas seulement déplacé sa famille.

Elle l’avait transformée.

Isabelle Bidaut - Psychanalyste pour expatriés francophones et thérapeute intégratif en ligne.

Réservation sur le site : http://www.isabellebidaut-psy-expat.com


 
 
 

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